Comme d’habitude, les amateurs de vélo ont déferlé par milliers sur Plouay. Comme d’habitude, les meilleurs coureurs du monde se sont alignés sur le Circuit Jean-Yves Perron. Comme d’habitude, le comité des fêtes et ses 600 bénévoles ont parfaitement organisé les choses. Le décor, la mise en scène, étaient irréprochables… Mais, pour Jean-Yves Tranvaux, tous les acteurs n’ont pas été à la hauteur.
« En attendant les derniers kilomètres, un peloton et des échappés qui roulent à 35 km/h pendant 200 bornes, excusez-moi mais, je n’appelle pas cela une course ! » À chaud, Jean-Yves Tranvaux ne cachait pas sa déception au terme de l’épreuve Pro Tour remportée au sprint par l’Australien Matthew Goss. Le directeur technique du Grand Prix n’avait pourtant rien à se reprocher. « Nous avons ajouté un tour pour être sur les distances des grandes classiques et du championnat du Monde. On ne va quand même pas mettre un goulet, des pavés ou un ribin pour provoquer la sélection ? Non, en attendant peut-être la suppression des oreillettes, c’est aux coureurs et à leur directeur sportif de se poser les bonnes questions. Garmin et HTC Columbia sont des équipes de sprinters, les autres ne les ont pas inquiétées beaucoup. Mais, où étaient les baroudeurs ? » L’équipe Saur-Sojasun et quelques individualités échappent au courroux de l’organisateur.
Le scénario se répète
Laurent Mangel nettement le plus entreprenant, Benoit Vaugrenard, Christophe Le Mével, Julien Simon et Christophe Moreau, pour ses adieux à Plouay, ont bien tenté une sortie mais, les sprinters veillaient au grain. Un simulacre de course leur avait ouvert une voie royale. « Trop d’épreuves, et non des moindres, ont le même scénario. Le public n’est pas dupe et finira par s’en lasser…» Nous n’irions pas au cinéma voir toujours le même film.
Allez, parlons d’autres choses… Sur le plan populaire, les Trois de Jours de Plouay 2010 ont une nouvelle fois porté le cyclisme breton au-devant de la scène. Vendredi, plus de 3600 sportifs, cyclos, vététistes ou randonneurs, ont envahi les routes et les chemins. Vendredi encore, devant plus de 2500 spectateurs, les pistards ont fait le spectacle sur l’anneau de Manéhouarn.
Aude Biannic reviendra
Samedi, les Elites 1 et 2, les Bretons aux premières lignes, ont également tenu leur rang, avant de laisser place à la finale de la Coupe du Monde féminine. « Bravo et merci aux filles, nous leur devons la plus belle course du week-end, souligne Jean-Yves Tranvaux. Au moins, elles ne sont pas restées tergiverser et c’est un quatuor royal qui a fait la différence, à la pédale. »
Emma Pooley, Marianne Vos, Emma Johansson et Judith Arndt ont terminé dans l’ordre laissant le peloton à plus de deux minutes. Et, il n’a pas manqué grand-chose pour qu’Aude Biannic n’accompagne l’élite mondiale jusqu’au bout. « J’ai craqué dans la dernière montée mais je suis plutôt satisfaite de ma journée. J’ai souffert d’un virus au début de la Route de France et, pour ma reprise, je m’attendais à souffrir à Plouay. C’est quand même une Coupe du Monde et ça roule très très vite ! Je reviendrai l’an prochain. » Rendez-vous pris.
Guy JOURDREN.
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