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Benoît Vaugrenard a entamé sa 8e saison chez les pros. Le Morbihannais (il habite Marzan) fait aujourd’hui partie des cadres au sein de la Française des jeux. Il connaît ses limites, ses qualités aussi et son ambition se résume en une phrase : « Je veux lever les bras le plus souvent possible ». Tout sera bon à prendre pour enrichir encore un palmarès ouvert en 2007 avec un titre de champion de France du CLM. Dans ses rêves les plus fous, ceux qu’il ne dévoilera pas, Benoît Vaugrenard pense notamment à Liège-Bastogne-Liège, à l’Amstel Gold Race ou à la Flèche Wallonne, ces classiques ardennaises où se distinguent, chaque année au printemps, les plus grands puncheurs de la planète.
Il a fêté ses 28 ans le 5 janvier dernier. Que le temps passe vite ! Voilà déjà 8 ans que Benoît Vaugrenard use les cuissards de la Française des jeux chez les professionnels. Sa passion est intacte, son ambition ne s’est pas érodée.
« J’ai la chance de vivre de ce que j’aime, d’avoir presqu’un loisir pour métier. » C’est d’abord le football qui avait pourtant attiré le garçon de Péaule.
« J’ai joué au foot durant 8 ans. Mon frère, Ludovic, faisait déjà du vélo mais, moi, ça ne m’inspirait pas plus que ça. Quand j’ai commencé à rouler, j’ai révisé mon point de vue. »
Son destin de champion s’est alors dessiné tranquillement. D’abord au Véloce Vannetais où il fit ses débuts en minimes.
« Ma toute première course, je l’ai disputée à Languidic. J’ai dû terminer autour de la 15e place. C’est en minime 2 que j’ai signé mon premier succès, c’était à Couëron en Loire-Atlantique. Cette année-là, je suis devenu aussi champion de Morbihan… Herman Conan, Florian Guillou, Emmanuel Folinais et Samuel Boudard dominaient alors les débats au niveau régional. »
Comme tous les débutants, Benoît entretenait bien sûr le rêve de côtoyer un jour les héros du Tour de France.
« Sans ignorer qu’il me restait encore beaucoup à prouver, j’ai commencé à y croire vraiment en sortant des juniors. À 19 ans, quand il n’y a plus de catégorie d’âges, on commence à jouer dans la cour des grands. Et puis, quand on porte de temps en temps le maillot de l’équipe de France, ça donne forcément des idées. » Sous le maillot tricolore, Benoît disputera notamment les championnats du Monde à Plouay (2000), à Lisbonne (2001) et à Zolder (2002). «
J’étais là, quand Arnaud Gérard est devenu champion du Monde des juniors. Moi, en espoirs, j’avais terminé 14e du chrono et au fond du peloton lors de l’épreuve en ligne. » Le jeune Morbihannais ponctuait en Belgique sa carrière chez les amateurs avec sur sa carte de visite, le Circuit du Méné, le GP Point P, les Boucles de la Loire et un titre de championnat de France de chrono avec les copains de l’équipe Jean-Floch. «
Sam Gicquel, Christophe Thébaut, Fredy Ravaleu et les autres… Je garde de très bons souvenirs de cette saison 2002. Jean-Floch, c’était sûrement la plus belle équipe de DN qu’il y avait en France et je n’oublierai jamais ce que Monsieur Jean-Floch a fait pour nous et pour le vélo en général. »
Le Tour d’Italie à 21 ans
Rouleur d’exception, Benoit Vaugrenard a séduit les frères Madiot pour ses qualités humaines. Jamais un mot plus haut que l’autre, dévoué et attentif, il a rapidement fait l’unanimité au sein de l’équipe de la Française des jeux.
« On ne m’a jamais mis la pression, souligne l’intéressé.
Dès la première année, on m’a engagé sur des grandes courses comme le Het Volk ou Liège-Bastogne-Liège. En 2004, à 21 ans, je disputais déjà le Tour d’Italie. Je l’ai terminé à la ramasse mais, je l’ai terminé. »
À Aurillac, en 2007
Ce difficile apprentissage, marqué par d’encourageantes places d’honneur, a finalement duré 5 ans. Cinq ans de patience, de travail, de doute parfois, avant que la victoire ne se présente enfin. À Aurillac, le 28 juin 2007, Benoît Vaugrenard offrait à la Bretagne le titre de champion de France du chrono.
« Un titre, c’est toujours une course à part. Tous les coureurs rêvent de porter un maillot distinctif. En tout cas, moi, ça m’a mis en confiance. J’ai gagné ensuite la Polynormande. Là, j’ai pu enfin lever les bras. »
Vainqueur d’une étape et du classement général du Tour du Poitou-Charentes, vainqueur d’une étape du Tour du Limousin, le Morbihannais a franchi un nouveau cap en 2008 se révélant déjà sur les classiques ardennaises (Flèche Wallonne, Liège-Bastogne-Liège, Amstel Gold Race).
« Cette année, je viserai le top cinq, voire même le podium sur l’une ou l’autre de ces courses. Mars-avril, c’est ma période de forme tous les ans. Je suis bien aussi en fin de saison. C’est comme ça. J’ai appris à me connaître et je ne vais pas bousculer mon programme pour tenter aujourd’hui de nouvelles expériences. À la Française des Jeux, Frédéric Grappe m’a apporté beaucoup sur la perception des sensations. Maintenant, pour progresser d’une année sur l’autre, je sais ce qu’il faut faire et mon meilleur entraîneur, c’est moi-même. » Leader sur les classiques du printemps, équipier de luxe ou capitaine de route, Benoît Vaugrenard fait déjà figure de vieux briscard au sein de la Française des jeux.
« Madiot dit que je suis l’un des cadres de l’équipe. Sur le vélo, le Grand Chef, c’est bien entendu Fred Guesdon ! »